L'emploi de 'il était' ou 'il y avait'

Par : Françoise Le Roux      Durée : 3.35
janvier 2010
L'emploi de 'il était' ou 'il y avait'
Tableau : Le vicomte de Villemarqué
  

L'emploi de 'il était' ou 'il y avait'

-Il était une fois, il y avait un prince charmant.

Vous avez dans le reportage une phrase à propos du vicomte de Villemarqué qui rassemblait toutes les rumeurs du pays, toutes les histoires que les gens se racontaient et qui finissaient par ressembler à des contes de fées, lesquels débutent toujours par "il était une fois".

Or dans le reportage, l'auteur de cette phrase emploie doublement "il était une fois" et "il y avait", ce qui a le même sens. Il aurait pu se contenter de dire "Il était une fois un prince charmant", ou bien "Il y avait une fois un prince charmant". De fait il a dit les deux, comme on fait souvent des redondances quand on parle.

-Les deux expressions sont-elles pour autant interchangeables?
-La réponse est non, en tout cas pas dans tous les cas.

I) En principe "Il était une fois" est l'expression consacrée qui commence une fable, un récit de fiction, un conte. Selon ce principe, "il y avait une fois un prince charmant" est moins approprié que "il était une fois un prince charmant". (En toute rigueur, "il y avait une fois un prince charmant" ne serait pas une faute de français.)

"Il était" (avec un 'il' impersonnel) est une vieille forme de "il y avait" ou "c'était". De nombreuses chansons populaires commencent par "il était", comme "Il était une bergère qui gardait ses moutons" ou encore "Il était un petit navire", etc.

L'expression s'emploie au présent: il est.

-Il est des pays où le ciel est toujours bleu (j'invente).

On pourrait trouver cela dans un style poétique, en tout cas très formel.


-Il fut un temps où les soldats allaient à cheval.

(Un style narratif formel aussi au passé simple)

On peut trouver la forme négative : "Il n'est aucune fleur plus belle que la rose".

Les autres temps sont moins usités, même en littérature.


II) En français moderne et courant on utilise "il y a" pour situer une action, un événement. À vrai dire, les confusions que j'entends chez les élèves se produisent presque toujours à l'imparfait ("il était" au lieu de "il y avait")

-Il y avait beaucoup de monde dans les rues aujourd'hui.

(et non 'il était beaucoup de monde'; ça ne se dit pas)

En ce qui concerne "il y a ", tous les temps de tous les modes grammaticaux sont permis. Il y a eu, il y aura, il y aurait.

Mon conseil : pour vous exprimer, choisissez "il y a / il y avait", si vous avez des doutes.