Nicolas Sarkozy est élu Président

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Nicolas Sarkozy est élu 6e Président de la 5e République française. Réactions sur une journée historique - reportage Richard Good.
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Nicolas Sarkozy has been elected the 6th President of the 5th French Republic. Reactions on a historic day - Richard Good reports
NS: J'éprouve depuis mon plus jeune âge la fierté indicible d'appartenir à une grande, à une vieille, à une belle nation : la France. J'aime la France. J'aime la France comme on aime un être cher qui m'a tout donné. Maintenant c'est à mon tour de rendre à la France ce que la France m'a donné.
- Oui, je pense qu'il va faire un bon Président, efficace, efficace. Je pense qu'il a beaucoup réfléchi sur l'économie et sur ce que sont réellement les responsabilités d'un Président parce qu'il a l'air d'être très réglo, il a ... je pense que c'est quelqu'un qui s'est beaucoup battu dans sa vie et comme il dit il a beaucoup donné pour la France, parce qu'il s'est battu, il a fait des études il s'est arraché pour monter jusqu'au sommet de l'Etat.
- Ça sera un Président. Est-ce que ça sera un bon Président? J'ai un certain nombre d'appréhensions mais je pense que c'est quelqu'un qui présidera.
NS: Le peuple français s'est exprimé. Il a choisi de rompre, de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je vais donc réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je vais remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en oeuvre parce que c'est le mandat que j'ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. Je le ferai dans un esprit d'union et dans un esprit de fraternité. Je le ferai sans que personne n'ait le sentiment d'être exclu, d'être laissé pour compte. Je le ferai avec la volonté que chacun puisse trouver sa place dans notre république, que chacun s'y sente reconnu, s'y sente respecté dans sa dignité de citoyen et dans sa dignité d'homme.
- Alors ça, c'est un discours, ce qu'on appelle un discours démagogue. C'est pour séduire le maximum d'électeurs, aussi bien ceux qui le soutiennent financièrement - donc, les grands patrons de presse - que des gens dont il va sacrifier les intérêts, autrement dit les classes moyennes et les classes populaires. C'est un discours mensonger, hypocrite, qui a un précédent historique que je ne nommerai pas.
- Ça risque de déclencher beaucoup de violences, par sa manière d'agir et de monter les, voilà, les communautés les unes contre les autres. Je me méfie beaucoup.
- Il y a eu une diabolisation de Sarkozy qui m'a semblé excessive, et pour ma part, et pour m'investir7 dans beaucoup de sujets de société - et assez paradoxalement- j'ai trouvé plus d'écoute, en quelque sorte, dans l'entourage de Nicolas Sarkozy actuellement que dans celui de Ségolène Royal. Je travaille sur la prison. Il y a un certain nombre de personnalités qui s'intéressent à la question de la prison dans l'entourage proche de Nicolas Sarkozy, telles qu'on ne les trouve pas dans l'entourage de Ségolène Royal, ce qui est un comble.
- J'ai coordonné la campagne nationale contre la double peine4, qui était partie de Lyon, cette campagne, pendant deux ans. Donc je suis allé le rencontrer plusieurs fois dans son bureau puisque c'est lui qui a décidé de s'attaquer à cette question, et la promesse qu'il nous a faite, en quelque sorte, de modifier les textes, il l'a fait et dans les termes qu'il avait dits. Un certain nombre de personnes ne sont plus expulsables aujourd'hui. Donc en ce sens-là, c'est un progrès considérable. On a gagné quelque chose et je suis absolument contre les personnes qui disent qu'on n'a rien obtenu de Sarkozy, et que sa loi... il s'est moqué de nous, qu'on s'est fait rouler dans la farine5. Ce n'est pas vrai. Mais on n'a pas obtenu la suppression de la double peine, mais on a obtenu quelque chose de réel. Et les mêmes qui nous ont dit qu'on n'avait rien obtenu, qu'on s'était fait avoir, quand il a dit à l'automne 2005, je vais expulser 120 jeunes, après les émeutes, eh bien les mêmes qui disaient que sa loi était nulle, les mêmes ont dit "Ah, mais il peut pas le faire parce qu'il y a la loi de 2003!". Et effectivement, il l'a pas fait parce que la loi, sa propre loi ne l'autorisait pas à le faire. C'est pour ça que j'ai un certain doute sur les pratiques. Je pense que Nicolas Sarkozy est allé dans le camp de l'extrême droite pour l'abattre. Il a réussi. Et en même temps il a pas tout à fait les mêmes pratiques. Il a beaucoup expulsé mais on n'a jamais autant régularisé que l'année dernière, si on s'en tient aux chiffres que nous fournit la CIMADE6, et d'autres, les régularisations étaient très importantes l'an dernier. Mais c'est pas annoncé. C'est très complexe.
NS: Je veux lancer un appel à nos partenaires européens auxquels notre destin est profondément lié pour leur dire que toute ma vie j'ai été européen, que je crois profondément, que je crois sincèrement en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je conjure, je conjure nos partenaires européens d'entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je conjure nos partenaires européens de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l'Union européenne non comme une protection mais comme le Cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde.
- Ça fait très peur. J'ai très très peur. C'est un gars qui va laisser aucune liberté, qui va encore plus fliquer2 la France, qui va être..., qui veut fabriquer des lois de lui-même, chose qu'aucun président n'a fait. S'il décide quelque chose, il va le faire de toute façon, c'est ce qu'il a dit, quand je décide quelque chose, je le ferai. Et ça, ça me fait peur parce qu'il peut décider des trucs très bien -je dis pas qu'il a tout de mauvais - mais il risque de décider des trucs très très dangereux quand même. Lui, c'est le système américain : t'as du pognon3, c'est bien. T'en as pas, eh ben crève! Et on s'en fout de toi.
NS: Je veux lancer un appel à nos amis américains pour leur dire qu'ils peuvent compter sur notre amitié qui s'est forgée dans les tragédies de l'histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d'elle, mais je veux leur dire aussi que l'amitié, c'est accepter que ses amis puissent penser différemment et qu'une grande nation... et qu'une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique mais au contraire de prendre la tête de ce combat parce que ce qui est en jeu, c'est le sort de l'humanité toute entière. La France fera de ce combat son premier combat.
- Le suffrage universel a parlé. Je souhaite au prochain de la République d'accomplir sa mission au service de tous les Français. Je remercie du fond du coeur les près de 17 millions d'électeurs, de citoyens, de citoyennes qui m'ont accordé leur confiance et je mesure leur déception et leur peine, mais je leur dis que quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas.
- Une campagne catastrophique. Ça a été, comment dire, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Elle a cherché à, comment dire, à gagner les électeurs de bords complètement différents et du coup ça donne une impression chaotique. Elle, je pense que c'était exclu que, voilà, qu'elle arrive au pouvoir, déjà depuis des mois.
- Lors du débat, quand elle parle de 17% de l'électricité qui est faite par l'énergie atomique, les élèves de 4ème8 savent que c'est 80%. Donc à partir de ce moment-là, elle ne m'inspire pas du tout confiance.
- Bon, c'est vrai qu'elle avait ce côté féministe. Ça, je trouve très bien, mais de la manière dont elle l'a présenté elle s'est complètement disqualifiée, avec la manière dont elle l'a mis en avant, enfin pour moi, je..., en en faisant vraiment une bannière, voilà, ce qui m'énerve beaucoup personnellement. C'est pas parce que c'est une femme qu'on l'a plus insultée. C'est pas parce que... Ça, je crois qu'elle a eu tort de jouer cette carte-là à fond et malheureusement ça ne va servir la cause des femmes non plus, bien sûr.
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- Moi, je pense qu'on est dans un virage de société où les gens ont envie de..., que ça change mais que ça change dans le bon sens, et puis surtout un visage de la politique un peu plus jeune, un peu plus dynamique. Il y a beaucoup d'enjeux qui touchent beaucoup de monde, hein. Le monde du travail a besoin d'y croire et je crois qu'entre les jeunes qui ont pas suffisamment d'espoirs dans le travail et le monde du travail qui, lui, n'est pas non plus très épanouissant, on a besoin d'un président, jeune d'ailleurs, parce qu'on est quand même dans des âges où on n'a jamais vu de politique comme ça et puis je pense que les Français ont besoin de recroire à leur politique, hein.
NS: Mes chers compatriotes, nous allons écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire. Cette page de notre histoire, mes chers compatriotes, je suis sûr qu'elle sera grande, qu'elle sera belle, et du fond du coeur je veux vous le dire avec la sincérité la plus totale qui est la mienne en ce moment où je vous parle : vive la république, et vive la France!
- Eh bien, disons que dans une démocratie on est obligé d'y croire. On est obligé d'y croire tout en sachant que ça sera plus compliqué que ça, mais si on cesse d'y croire on cesse de voter et on dit 'tous pourris!'. Mais si on dit 'tous pourris', je veux dire, on a perdu collectivement quelque chose et de toute façon, ce jeu-là, c'est celui de l'Extrême droite. Donc même si on sait que les promesses sont mal tenues, voire pas tenues, chaque fois qu'il y en a qui sont faites on est obligé de rejouer le jeu. C'est un comble.
- I've felt since my youngest days the indescribable pride that comes from belonging to a great, old, beautiful nation: France. I love France. I love France like you might love a close person who's given you everything. Now it's my turn to give back to France what France has given me.
- Yes, I think he will make a good President, efficient, efficient. I think he's thought a lot about the economy and about what the real responsibilities are of a President because he seems very straight down the line... I think he's someone who has battled a lot in his life and as he says he's given a lot to France, because he's battled, he's studied, he's grappled away to get right to top of the state.
- He will be a President. Will he be a good President? I've got a certain number of concerns but I think he is someone who will preside.
- The French people have spoken. They've chosen to break, to break with the idea, the habits and behavior of the past. So I will restore the values of work, authority, morality, respect, merit. I will put back in place the nation's honor and the national identity. The French people have chosen change. This change I will put in place because that is the mandate I have received from the people and because France needs it. But I will do that with all the French people. I will do it in a spirit of union and in a spirit of brotherhood. I will do it without anyone feeling excluded, anyone being left to fend for themselves. I will do it with the will that everyone finds their place in the republic, that everyone feels recognised, everyone feels respected as a dignified citizen and as a dignified human being.
- Well that's what's known as the speech of a demagogue. It's to seduce the maximum number of electors: those who support him financially - so the big press barons - as well as the people whose interests he will sacrifice, in other words the middle and working classes. It's a line that's built on lies and hypocrisy which has a precedent whose name I won't mention.
- There's is a danger of a lot of violence, because of the way he behaves and he pitches communities against each other. I'm very worried.
- There's a way of picturing Sarkozy as the devil which strikes me as exagerated, and as far as I'm concerned, as someone who's put a lot into campaigning on social issues - paradoxally - I've found more people willing to listen in Nicolas Sarkozy's circle than in that of Ségolène Royale. I work in the prison system. There's a certain number of major figures in Nicolas Sarkozy's circle who are interested in the question of prisons, of the type you don't find in Ségolène Royal's circle, which is very rich.
- I co-ordinated the national campaign against double jeopardy, (the risk of expulsion for immigrants convicted of crimes). The campaign began in Lyon and I co-ordinated it for two years. So I went to meet him several times in his office, because it was he who decided to deal with this question and the promise he made, to modify the laws, he carried out in the terms that he had laid out. A certain number of people are no longer eligible for expulsion today. So to that extent it's a considerable progress. We won something and I'm totally against those who say we got nothing out of Sarkozy, and that with his law he took the Micky out of us, that we were taken for a ride. It's not true. We didn't get the abrogation of double jeopardy, but we got something real. And those who told us we'd got nothing, that we'd been had... when he said "I'm going to expel 120 young people" after the riots... well the same people who said the law was useless, the same ones then said "Ah well he can't do that because of the law of 2003!" And in fact he didn't do it because the law, his own law didn't let him do it. That's why I'm a little doubtful about what happens in happen practice. I think that Nicolas Sarkozy went into the far right's territory to defeat it. He succeeded. And at the same time in practice he's not the same. He's expelled a lot of people but we've never had so many people getting their papers as last year, if you go by the figures given by refugee support groups, a lot of people got their residents' visas last year. But nothing is said about it. It's quite complex.
NS: I want to make an appeal to our European partners with whom our destiny is intimately linked, to tell them that all my life I have been a European, I believe in Europe deeply, I believe sincerely in the European construction and this evening France is back in Europe. But I urge our European partners to hear the voice of the populations who want to be protected. I urge our European partners not to stay deaf to the anger of populations who see the European Union not as a source of protection but as a Trojan Horse bringing in all the dangers that come with the changing world.
- It makes me very frightened. I'm very very frightened. Here's a guy who doesn't want to leave us with any freedom, who wants to turn France into even more of a police state, who's going to make up the laws himself, something which no President has done. If he decides something, he's going to do it anyway, that's what he said, when I decide something I'll do it. And that worries me because he might decide some good things - I don't say he's all bad - but the danger is he'll decide on some very, very, dangerous things. He's for the American way : if you've got money, it's great. If you haven't, tough luck! No-one cares about you.
NS: I want to make an appeal to our American friends to tell them that they can count on our friendship which has been forged through the tragedies of history which we have confronted together. I want to tell them that France will always by their side when they need her, but I want to say as well that friendship also means accepting that your friends can think differently and that a great nation... and that a great nation like the United States has a duty not to get in the way of the fight against global warming but on the contrary should be at the forefront of this combat because what is at stake is the destiny of all humanity. France will make this combat its first combat.
SR: The electorate has spoken. I encourage the next President of the Republic to accomplish his mission by serving all the French people. I thank from the bottom of my heart the almost 17 million electors, citizens men and women, who showed confidence in me and I take note of their disappointment and their sadness, but I tell them that a movement has arisen which will not stop.
- It was a catastrophic campaign. It was, how can I put it, one minute on one side, the next minute the other. She sought to win over electors in completely different directions and in the end it gave a chaotic impression. I think she's been out of the running, for getting into power, for months.
- When during the debate, when she spoke of 17 per cent of electricity coming from nuclear energy, school children aged 13 know that it's 80 per cent. So from that point on, she doesn't inspire me with confidence at all.
- Well it's true she had that feminist side. That I thought was very good, but the manner which she presented it ruined any positive effect completely, they way she brought it to the forefront, for me at any rate, by making it a badge of honor, personally I found that really annoying. It's not because she's a woman that she suffered more insults. It's not because... I think she was wrong to play that card so heavily and unfortunately it won't help the cause of women either, of course.
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- I think we are at a turning point in society, where people want things... want things to change but to change in the right direction; and then more than anything they want an image of politics that's a little bit younger, a little bit more dynamic. There are a lot of issues that affect a lot of people. The working world needs to believe in politics and I think what with young people who don't have sufficient work prospects and the world of work which is not in itself very fulfilling, we need a President. And a young one moreover, because we're talking about people of an age who've never seen politics like that. And then I think that the French people need to believe again in politics.
NS: My dear fellow country people, we are going to write together a new page in our history. This page in our history, my dear fellow country people, I am sure it will be a great one, that it will be a beautiful one, and from the bottom of my heart I want to tell you with the most complete sincerity which is mine at this moment at which I am talking to you : long live the Republic, long live France!
- Well, put it this way, in a democracy you're obliged to believe in it. You're obliged to believe in it even knowing that things will be more complicated than that, but if you stop believing you stop voting and you say "they're all rotten!". But if you say "they're all rotten!" collectively you lose something and in any case that tactic, it's the tactic of the extreme right. So even if you know the promises are badly kept or even not kept at all, each time they are made you're obliged to play the game. It takes the biscuit.



