Ségolène Royal - présidente?

Elle est à la une de tous nos journaux, elle arrive en tête des sondages. La France n'a jamais vu de candidate aussi bien placée pour la présidentielle, et le résultat est un engouement médiatique pour Ségolène Royal qui dépasse même nos frontiers.
She's been making the headlines in all the newspapers, she comes top in lots of opinion polls. France has never seen a candidate better placed to become the first female President for the country and the result is a media frenzy around Sélogène Royal that goes beyond national borders.
Mais la route à faire reste longue pour la Présidente de la Région Poitou-Charentes, et le premier étape est d'obtenir la nomination du partie socialiste pour être leur candidat. Elle a beaucoup de rivaux qui sont plus experimentés qu'elle, et qui ont des bases de soutien plus solides dans un parti où elle reste un peu l'outsider. Est-ce qu'elle est à l'hauteur du challenge? Faîtes vos propres jugements: rendez-vous à Lyon avec Ségolène Royal à un meeting organisé pour soutenir sa candidature.
- Bonjour à tous et à toutes. Je n'ai pas préparé un discours structuré. Je ne vais pas vous délivrer des formules. Je ne vais pas vous asséner des certitudes parce qu'on pourrait croire que je suis en campagne électorale. C'est pourquoi en ce moment je suis dans une phase d'écoute. Alors j'ai entendu certains qui ricanaient en disant, mais elle écoute, c'est qu'elle ne pense rien. Elle écoute, c'est qu'elle n'a rien à dire. Elle écoute, oh, eh bien oui, elle a pas d'idées, elle a pas de projet. Mais je crois que gouverner ou diriger des territoires comme les nôtres, et puis peut-être demain un pays comme le nôtre, c'est prendre en compte que imaginer la France de demain ne va plus de soi1, qu'un certain nombre de réflexes ou des formules sont dépassés, que dans la complexité des choses, pour bien les appréhender, pour bien comprendre ce qui se passe, pour faire des diagnostics2 judicieux des problèmes qui se posent, il faut prendre le temps d'écouter pour agir juste; non pas écouter parce que l'on n'a pas d'idées mais écouter parce que chacun d'entre nous, chacun d'entre vous, chaque citoyen là où il est, dans sa famille, dans son quartier, dans son milieu de travail, dans son association, dans ses loisirs est un expert légitime de la mutation de la France.
- Je m'appelle Jean-Yves Sécheresse, je suis élu à la ville de Lyon. Je suis par ailleurs président du groupe socialiste et apparenté au Conseil municipal de Lyon, et avec quelques amis, il y a environ quatre mois maintenant, nous avons décidé d'organiser le soutien dans le Rhône et à Lyon particulièrement, à la candidature de Ségolène Royal dans le cadre de la préparation des élections présidentielles. Bon, ça fait quatre mois que Ségolène Royal montre qu'elle est une candidate qui intéresse les Français - pas seulement les Français qui votent à gauche - qu'elle est écoutée, qu'elle est crédible et qu'elle apporte une fraîcheur dans la vie politique. A chaque fois que vous entendrez ses challengeurs non seulement contester le fait qu'elle puisse être candidate, mais en plus, vous l'avez remarqué, attaquer de manière extrêmement virulente Ségolène Royal, et au-delà de ça ce qu'elle peut incarner, c'est plutôt un bon signe pour Ségolène Royal. Ca veut dire que ce vent de fraîcheur provoque quelques bouleversements. Je crois qu'elle a donné en quelques mois un coup de vieux à vie politique française et en particulier à certains dirigeants du parti socialiste.
- Nous sommes dans un monde en mutation, et, l'idée est assez simple: les gens sont inquiets de l'avenir. Et donc, pour qu'ils reprennent3 confiance en l'avenir, pour qu'ils revivent un désir d'avenir, eh bien cet avenir il faut le bâtir avec eux. Et donc une des mutations profondes qu'il faudra faire accomplir à notre pays, c'est vraiment donner la parole aux intelligences des territoires et pousser jusqu'au bout le transfert de responsabilité et de pouvoir aux mains des élus locaux; mais parce que eux-mêmes aussi auront compris que pour agir juste, il faut écouter et associer les populations dans une vraie démarche de démocratie participative que la France n'a pas encore créée et qu'il faudra qu'elle crée. Et je pense que c'est comme ça qu'elle se remettra debout et qu'elle aura envie d'avancer et je crois que c'est comme cela que l'on va changer de méthode, changer de rythme, changer de regard. Bref, je crois que c'est comme ça que nous réussirons à tourner la page pour construire un vrai désir d'avenir.
- Il y a eu une visite à l'Hôtel de ville, suivie ensuite d'une rencontre avec le club - j'allais dire 'de femmes' et j'aime pas trop ce mot-là; mais enfin de personnes de sexe féminin qui s'est constitué...
- Avoir une femme présidente, à mon avis ce serait une bonne chose parce que jusqu'à maintenant il y a pas eu grand-chose de fait, il y a pas d'idées nouvelles, il y a rien et j'espère qu'avec Ségolène Royal, ça va changer.
- Moi, je suis intimement persuadé que être une femme en politique aujourd'hui, c'est un véritable atout, voire même un véritable plus. Je crois que pour la plupart de nos concitoyens - ils semblent d'ailleurs peut-être plus en avance que le milieu politique - le fait qu'une femme aujourd'hui en France puisse concourir à la présidentielle est une chose qui est considérée comme complètement légitime. En plus, les Français sont pas totalement sourds et aveugles, ils constatent qu'en Allemagne, ils constatent par exemple au Chili -vous vous souvenez que Ségolène Royal est allée apporter son soutien à Michèle Bachelet -, ils constatent que les femmes occupent de plus en plus des rôles importants dans la vie politique. Et je crois que, non, ça ne choque personne qu'une femme puisse être présidente de la république française. Je crois même que de plus en plus des gens - des hommes comme des femmes d'ailleurs - considèrent que ça peut être un véritable atout que d'avoir une femme à l'Elysée, qui peut-être s'occupera plus concrètement de leur quotidien et de l'avenir très pratique des Français. D'ailleurs c'est le sens de toutes les interventions de Ségolène Royal.
- La politique, c'est des valeurs. La politique, c'est ensuite de l'action efficace. Et moi, je pense qu'il y a un lien très direct entre la qualité du fonctionnement démocratique d'un pays et l'efficacité de l'action politique; que les citoyens sont arrivés depuis longtemps à maturité et qu'ils ont envie de participer aux décisions qui les concernent. Et je crois qu'il faudra mettre de la démocratie participative partout, que ce soit les référendums d'initiatives populaires, que ce soit le système des jurys de citoyens qui fonctionne dans d'autres pays d'Europe ou en Amérique latine; que ce soit le budget participatif, c'est-à-dire faire voter les citoyens sur une partie de l'utilisation de leurs impôts. Parce que je crois qu'il y a un gros doute sur l'efficacité de la dépense publique. On le sait puisque le pouvoir d'achat diminue, la hausse du coût de l'énergie aussi, donc les gens, ils sont pressurés de tous les côtés, et donc le paiement de l'impôt est un acte que l'on dit citoyen et justement sur lequel parfois il y a un gros doute sur l'utilisation de la dépense publique.
- Alors je pense qu'il faudra franchir cette étape très importante et faire voter par les citoyens une partie de la dépense des budgets locaux, des budgets régionaux, des budgets municipaux, des budgets départementaux - sur des thèmes qui seront définis par les élus car je pense qu'il n'y a pas d'opposition entre cette démocratie participative, où les citoyens prennent pleinement l'utilisation de leur citoyenneté et la démocratie représentative, celle de la responsabilité des élus. Au contraire, je pense que nous exerçons encore mieux nos responsabilités d'élus si l'on est capable de déléguer aux citoyens une partie des responsabilités.
- Alors parfois ça fait peur. On se dit, mais quand même, les citoyens, finalement ils viennent que pour rouspéter - on le voit dans nos permanences - ou pour manifester ou pour demander des trains sans vouloir les gares. On le voit sur les problèmes d'environnement, ou avoir des déchets sans vouloir les lieux d'élimination des déchets. On entend tout cela et puis on entend aussi beaucoup d'élus dire : "Et puis ça suffit, on se présente tous les cinq ans, tous les six ans, eh bien s'ils sont pas contents, ils nous changent." Mais je pense que cette époque-là est révolue. Moi, je crois que si l'on veut revifier la démocratie, si l'on veut redonner envie aux gens de venir voter, si l'on veut faire en sorte d'être plus intelligents collectivement, je l'ai dit tout à l'heure, alors la démocratie participative est un élément très important d'une meileure façon pour les élus de prendre les décisions qui concernent les citoyens.
- Nous votons pour la désignation de tous nos candidats à toutes nos élections, nous votons pour le Premier secrétaire national François Hollande ou le Premier secrétaire fédéral. Même dans la moindre section, les militants votent pour désigner le Premier secrétaire. Donc, vous voyez qu'on a une tradition de vote qui est un petit peu lourde aussi, il faut le reconnaître. Moi, je suis extrêmement confiant. Je crois que les militants socialistes et le Parti Socialiste en règle générale n'est pas un parti caporalisé4 par des petits chefs. Je crois que les militants socialistes sont des gens qui sont insérés dans la société. Ils sont comme les Français. Ils ont très probablement, bon, les mêmes tendances, les mêmes penchants que l'ensemble des électeurs de gauche, faut pas croire. Vous savez, les petits caporaux qui sont dépositaires du pouvoir de quelques coteries, je crois que, bon, l'époque est en train de se finir et que au Parti Socialiste aussi, au travers un peu de cette échéance politique nationale qui concerne tous les Français, je crois qu'on aura le souhait aussi de tourner un peu la page.
- Je vois tous ceux qui se lèvent, tous ceux qui viennent, tous ceux qui ont envie que ça change, tous ceux qui ont envie d'entrer dans une autre époque, et tous ceux qui ont compris aussi qu'il y avait une articulation à trouver entre la simplicité dans l'exercice du pouvoir, l'attention portée aux autres, la capacité d'écouter pour agir juste, et en même temps la détermination politique au moment où l'on a défini les actions qu'il fallait conduire, le courage politique et la volonté de changer. Et donc si on démultiplie sur l'ensemble du territoire à la fois ce type de méthode et ce souci de l'efficacité dans l'action politique plus le fait de s'imposer l'obligation de rendre des comptes, alors je crois que les gens reprendront goût à la politique.
But the road ahead for the President of the Poitou-Charentes region is a long one and the first step is to get the nomination from the Socialist Party to be their candidate. She's plenty of rivals with more experience than her and with stronger bases within a party where she's still something of an outsider. Will she be up to the challenge? Make your own judgement by taking a trip now to Lyon, to a meeting with Ségolène Royal that was organised to support her candidacy.
-Welcome ladies and gentlemen. I haven't organised a structured speech; I'm not going to spell out formulae; I'm not going hammer home certainties; otherwise people would get the idea I'm on an election campaign. That's why at the moment I'm in a listening phase. Well I've heard some people snigger, they say; "She listens because she doesn't think anything herself! She listens, oh well then, she hasn't got any ideas, she hasn't got a project." But I think if you're govern or to rule over regions like ours, and maybe tomorrow a country like ours, then you have to bear in mind that forming a picture of the France of tomorrow is no longer an easy thing; that a certain number of reflexes or formulae no longer hold true; that in a complex world, to appreciate what's going on, to understand what's happening, to make an accurate diagnosis of problems that arise, you need to take the time to listen, in order to do that right thing; not to listen because you haven't got any ideas, but to listen because every one of us, every one of you, every citizen wherever they are - in their family, in their neighbourhood, in their working environment, in their associations, in their leisure - every one is a genuine expert on the changes taking place in France.
- My name is Jean-Yves Sécheresse, I'm an elected representative in Lyon. I am, as a matter of fact, the president of the Socialist group and I'm co-opted to work with Lyon Municipal Council; and with some friends some four months ago now, we decided to organise support in the Rhone Region and in Lyon in particular for Ségolène Royal's candidacy, in the context of preparations for the Presidential elections. Well, for four months now Ségolène Royal has shown she's a candidate that French people are interested in - not just French people on the left - she's listened to, she's credible and she brings freshness to political life. Every time you hear challengers who not only contest the idea of her being a candidate, but much more than that, you'll have noticed, who attack Ségolène Royal in an extremely virulent way - reactions that go well beyond what she might be thought to represent - it's rather a good sign for Ségolène Royal. It means the wind of change she represents is causing a certain amount of unrest. I think in the space of a few months she's made French political life look a little outmoded and that goes in particular for some of the leaders of the socialist party.
- We're in a world that's changing and the idea is quite simple: people are worried about the future. And so, for them to have confidence in the future again, for them to feel desire for the future again, we need to build that future with them. And so the profound change we need to make in our country is to make a genuine transfer of responsibility to the intelligence that exists out there on the ground; we need to push the transfer of responsibility to its logical conclusion and power into the hands of local government; and because at that level there's the same understanding that to act wisely you need to listen, you need to link the population into a real process of participatory democracy - which France hasn't yet created and needs to create. And I think this is the way in which the country will get back on its feet again and will want to move forward; and I think it's in this way we'll change our methods, change our rhythm, change the way we look at things. In short; I think it's in this way we'll be able to turn the page and create a real desire for the future.
- There was a visit to the Town Hall, and that was followed by a visit to the... I was going to say the women's group, but I don't really like that word; well, the group of people of the feminine sex that's been formed...
- To have a woman President in my opinion would be a good thing, because not much has been done up to now, there aren't any new ideas, there's nothing. And I hope with Ségolène Royal that will change.
- I'm totally convinced that being a woman in politics today is a positive quality, a real advantage even. I think that most of our fellow citizens - and in fact they seem to be a little bit in advance of the political world - consder the fact that a woman today in France can compte for the presidency as something that's completely legitimate. And what's more the French people aren't totally deaf and blind; they see in Germany, they see in Chile - you remember Ségolène Royal went out to support Michèle Bachelet - they see that, more and more, women are occupying the top posts in political life. And I think that, no, it doesn't shock anyone that a woman might be President of the French republic. I think, even, that more and more people, men just as much as women, consider it could be a real bonus to have a women at the Elysée, who'll maybe get involved in a more concrete way with their daily lives and with the future in a very practical sense of the French people. And in fact that's line that all Ségolène Royal's speeches are taking.
- Politics is about values. After that politics is about efficient action. And I think that there's a very direct link between how well democracy is functioning in a country and how efficient political action is; for a long time citizens have reached maturity and want to take part in the decisions which concern them. And I think that we need to put in place participatory democracy everywhere, whether it be popular referendum initiatives; a system of citizen's juries, which works in other European countries or in Latin America; whether it be participation in the setting of the budget, that's to say letting citizens vote on part of how their taxes are spent. Because I think there's a lot of suspicion about the efficiency of public spending. We know it because with spending power going down, with energy prices going up as well, people are feeling the pressure from all sides. And so the payment of taxes is an act of civic responsibility, and it's exactly the issue about which there are sometimes big doubts: about how the money is spent.
- So I think that we need take this very important step forward and have citizens vote on elements of local budgets, regional budgets, municipal budgets, departmental budgets : on dossiers to be defined by elected representatives. Because I don't think there's a contradiction between participatory democracy - in which citizens use their citizenship to the full - and representative democracy, the responsibility of those elected. On the contrary, I think we'll exercise our responsibilities better as elected representatives if we're capable of delegating some of our responsibilities.
- So sometimes that frightens people. They say that at the end of the day citizens only ever turn up to grumble, you see it in our surgeries, or to demonstrate, or to ask for trains but no stations. You see it over questions about the environment, where people want to be able to waste without having places to dispose of the waste. You hear all that and then you also hear plenty of elected representatives say : "Well that's enough. We put ourselves up for election every five or six years; if they're not happy they can change us." But I think that era is over. I believe if we want to make democracy live again, if we want to give people back the desire to go out and vote, if we want to find a way of acting more intelligently collectively, as I said earlier, participatory democracy is a very useful method for elected representatives find better ways of taking decisions that concern citizens.
- We vote for all the candidates in all our elections: we for the National General Secretary - François Hollande, or for the Federal General Secretary. Even in the smallest of sections, the activists vote for their General Secretary. So you see there's a tradition of voting which can be a little bit hard work, it has to be said. But I'm extremely confident. I think that the socialist activists and the Socialist Party as a general rule isn't organised in regiments run by little chiefs. I think socialist activists are people that are part of society. They're like French people as a whole. It's very likely that they have the same tendencies, the same affinities as all voters on the left, don't think it's otherwise. You know the little corporals who have bands of followers under their control - I think that that era's coming to an end and that the Socialist Party as well, through this national election that involves all the French people, I think it too wants to move on a bit. - I see all those who are getting involved, all those who come to the meetings, all those who want things to change, all those who want to move forward to a new era, and all those who've understood, too, that there's an inter-relationship between straightforwardness when exercising power, paying attention to others, the ability to listen to act wisely; and at the same the political determination, when the actions that are necessary have been decided on - political courage and willingness to change. And so, if we reproduce this method across the entire country and this concern for efficiency in political action, as well as imposing on ourselves the obligation of accountability, then I think people will rediscover the taste for political life.



