Pour lutter contre la grippe aviaire

L'anticipation, c'est la meilleure façon d'éviter la panique. Chacun doit être à sa place. Chacun doit connaître sa mission, et ma responsabilité à moi c'est d'assurer la bonne orchestration du tout. Le Premier Ministre, Dominique de Villepin, met ses troupes en ordre de combat contre la grippe aviaire. La découverte d'un canard sauvage mort du virus H5N1 dans le département de l'Ain a été le premier signal d'alarme. Presque aussitôt après, une dinde d'élevage est également morte du virus redouté.
Anticipation is the best way of avoiding panic. Everyone has to be in their place. Everyone has to know their mission and my own responsibility is to orchestrate the whole. Prime Minister Dominique de Villepin puts his troops in combat order to face up to bird flu. The discovery in the Ain department of a wild duck that had died from the virus H5N1 was the first alarm signal. Almost immediately afterwards, a bred turkey died as well from the feared virus.
-Nous sommes là devant des situations évolutives. Ça implique quoi? En permanence un travail, un dialogue avec les chercheurs, avec les professionnels de santé, avec les vétérinaires, avec les éleveurs. Donc, à la fois beaucoup de détermination, c'est nécessaire, beaucoup de responsabilité, c'est indispensable, mais bien sûr aussi beaucoup d'écoute, beaucoup d'adaptation. Donc, il faut de l'humilité, il faut aussi avoir une idée claire de là où on veut aller. Faut avancer avec le souci d'écouter chacun et de faire en sorte que chacun comprenne la nature des enjeux.
L'arrivée du virus a déjà coûté cher aux éleveurs : une cinquantaine de pays ont immédiatement interdit l'importation des volailles en provenance de la France. Mais ce que tout le monde craint, bien sûr, est une pandémie humaine. Et c'est pour se préparer à une telle situation que Monsieur de Villepin a assisté à un exercice de simulation à Lyon.
-Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, donc, nous allons démarrer l'exercice. Il y a trois quarts d'heure, un avion de la compagnie RF 24 02 est en vol. Le chef de cabine1 constate que deux personnes ont un état de santé qui est en train de se dégrader et elle décide d'aller voir le Commandant de bord.
-RF 24 02 en provenance ASE et à destination de vos installations. Nous avons un problème médical à bord : deux passagers malades avec d'importantes difficultés respiratoires, et toux sèche pour l'un. Merci de prévenir le service médical. Pour info: pas de médecin à bord.
Le Premier Ministre et des personnalités officielles suivent la prise en charge des passagers à bord de l'avion après son arrivée à un terminal isolé de l'aéroport de Saint-Exupéry, puis le transport des victimes figurantes dans un hôpital spécialisé dans les maladies infectieuses.
-Je prends votre saturation. Si vous pouvez dégrafer votre chemise, s'il vous plaît?
-Donc là il est en train de mesurer, puisque cette personne a une symptomalogie respiratoire, il est en train de mesurer la saturation d'oxygène. Un examen attentif avec une auscultation cardiaque. Donc, voilà. Les deux prélèvements vont être faits. L'un au niveau d'une fosse nasale, l'autre est réalisé au niveau de la gorge.
-Ouvrez bien la gorge!
-Et ce prélèvement arrivera dans les meilleurs délais et en toute sécurité pour l'environnement au Centre National de Référence.
-L'action particulière des centres nationaux de référence, c'est de collecter l'ensemble des prélèvements positifs diagnostiqués. Ce travail va permettre de comparer le virus isolé sur le territoire par rapport à l'ensemble des autres virus H5N1 aviaires ou humains isolés dans d'autres régions du monde.
À la société pharmaceutique Sanofi-Pasteur on se prépare déjà à la création d'un vaccin contre une éventuelle pandémie humaine. Jacques Berger est le directeur général délégué de l'entreprise :
-Quel est notre objectif? Je dirais, sur le papier c'est très simple. C'est être capable d'apporter une réponse efficace et, pour un producteur de vaccins, une réponse efficace c'est être capable de développer un vaccin qui réponde2 aux besoins de santé publique, qui soit bien toléré, qui puisse être produit très rapidement et en très grande quantité. Donc, comment fait-on pour développer - et c'est là le problème - comment fait-on pour développer un vaccin qui soit efficace pour une souche que nous ne connaissons pas? Puisque, je le rappelle, par hypothèse nous ne connaissons pas la souche qui serait éventuellement pandémique. Eh bien, très logiquement, nous avons procédé par analogie, c'est-à-dire que nous avons déterminé, décidé de choisir une souche qui n'est pas pandémique mais dont on pense que les caractéristiques de son comportement sont tout à fait équivalents à ceux d'une souche pandémique. Et c'est avec cette souche-là que nous travaillons pour tester notre système. Nous avons déjà fabriqué plusieurs millions de doses de vaccin H5N1. Avec un certain nombre de ces doses, bien entendu, nous avons entrepris des essais cliniques, le but de ces essais cliniques étant de nous aider à déterminer la formulation optimum de ce vaccin. Et puis, pour accélérer les choses, pour gagner du temps - un temps précieux - nous nous sommes mis d'accord avec les autorités européennes pour déposer avec ce vaccin que nous appelons un vaccin prototype, déposer un dossier d'enregistrement qui nous permettrait, le jour où il y a une souche pandémique réellement, de faire simplement des modifications mineures et donc encore une fois, comme je le disais, de gagner un temps précieux.
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a justifié le soutien important du gouvernement dans cette initiative du secteur privé:
-Dans notre esprit les choses sont claires. Ce vaccin, à partir du virus H5N1, nous permet surtout d'accélérer et d'augmenter les capacités de production si un jour nous étions face à une pandémie. Voilà, pour nous, la première vocation des commandes qui ont été faites par le gouvernement français. Nous savons qu'il est capable de pouvoir lutter contre la souche H5N1 mais ça n'est pas, effectivement, le vaccin que tout le monde attend en cas de pandémie. Il ne s'agit pas de dire qu'il y a aujourd'hui un vaccin contre la grippe aviaire dans la mesure où la grippe aviaire n'a pas muté de l'homme à l'homme.
C'est la fin de l'exercice, le Premier Ministre se déclare satisfait de ce qu'il a vu:
-Nous avons vérifié le bon fonctionnement de la chaîne d'alerte. Nous nous sommes assurés de la qualité de la réponse médicale. Les agents du SAMU3, les personnels hospitaliers, les experts en virologie sont préparés, nous avons pu le constater, à une telle situation. Nous avons vérifié également la qualité de l'organisation des pouvoirs publics. C'est une chaîne de sécurité qu'il nous faut définir, et à chaque étape, ce que nous souhaitons, c'est en permanence pouvoir améliorer et sécuriser la réponse.
Il a tout d'abord voulu rassurer la population...
-Il n'y a pas eu de contamination du virus de l'homme à l'homme. Les cas de transmission du virus de l'animal à l'homme restent limités et ils sont liés à des contacts rapprochés avec des oiseaux infectés. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la France est l'un des pays les mieux préparés à l'hypothèse d'une pandémie. Nous disposons d'un stock de masques et d'une capacité de production sur notre propre sol. Nous disposons d'un stock de médicaments antiviraux nous permettant de traiter quatorze millions de personnes conformément aux estimations des experts.
...mais en même temps éviter le piège de se montrer trop complaisant devant une menace bien réelle:
-Face à ce défi, je voudrais aujourd'hui vous adresser trois messages. Le premier, c'est un message de transparence. C'est une exigence qui s'impose à tous: les pouvoirs publics feront preuve d'une transparence totale sur l'éventuelle progression de la maladie chez les oiseaux sauvages, chez les volailles, bien sûr. Deuxième message, c'est un message de protection. Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour informer et pour protéger nos compatriotes. Je rappelle à cet égard que l'Agence française sanitaire de sécurité des aliments a recommandé que les enfants évitent le contact avec les pigeons, avec les canards dans les parcs publics. Elle a également confirmé que la consommation d'oeufs et de volailles est sans danger. Le troisième message, c'est bien sûr le soutien à l'ensemble de la filière, éleveurs et filière avicole. Nous allons commencer la vaccination des volailles, pour autant les mesures de confinement et de protection des élevages sont maintenues pour garantir le maximum de sécurité. Nous avons également prévu des indemnisations et des allègements fiscaux à hauteur de onze millions d'euros pour la filière. Nous avons débloqué cinquante-deux millions d'euros supplémentaires pour les éleveurs et la filière avicole.
- We are facing situations that evolve. What does that involve? Working permanently, a dialogue with researchers, with health professionals, with vets, with breeders. So at the same time lots of determination is necessary, lost of responsibilities, that's indispensable, but also lots of listening, lots of adapting. So you need humility, you also need a clear idea of where you want to go. You have to go forward being careful to listen to everyone and making sure that everyone understands what's at stake.
Breeders have already paid dear for the arrival of the virus : some fifty countries have been poultry imports from France. But what everyone fears, of course, is a human pandemic. And it's to prepare for that situation that Mr. de Villepin was present for a simulation exercise in Lyon.
- Prime Minister, Ministers, we are going to start the exercise then. 45 minutes ago an aeroplane belonging to the RF2402 company was in flight. The chief stewardess notices two people in a deteriorating state of health and she decides to go and see the flight Commander.
- RF2402 coming from ASE and heading for your destination. We have a medical problem on board: two sick passengers with serious breathing difficulties and a dry cough for one. Please inform the medical services. For your information : there's no doctor on board.
The Prime Minister and the official dignitaries follow the reception of the plane's passengers after it's arrival at an isolated terminal at Saint-Exupéry airport, then the transport of the actor-victims to a hospital specialised in infectious illnesses.
- I'll take your saturation levels. If you could unfasten your shirt please?
- So there he's measuring, because this person has respiratory symptoms, he's measuring the oxygen saturation levels. A careful examination with cardiac auscultation. So there we are the first two samples are being taken. One from the nasal passage, another from the throat.
- Open wide your throat!
- And this sample will arrive as fast as possible and in total security for the environment at the National Reference centre.
- The specific action of the National Reference centres is to collect all the positively diagnosed samples. This work will allow a comparison between the virus identified in this country relative to all the other H5N1 bird or human viruses identified in other parts of the world.
At the Sanofi-Pasteur pharmaceutical company they're already preparing for the creation of a vaccination against a possible human pandemic. Jacques Berger is the acting managing director of the company:
- What is our objective? I would say on paper it is very simple. It's to be capable of bringing an effective response and for a producer of vaccines, an effective response is to be capable of developing a vaccine which answers to the needs of public health, which is properly tolerated, which can be produced very rapidly and in very large quantities. So how do you manage to develop - and this is the problem - how do you manage to develop a vaccination which is effective for a strain that we don't know? Because, remember, we're working from the hypothesis that we don't know the strain which would turn out to be pandemic. Well, very logically, we have proceeded by analogie, that's to say we selected, decided to choose a strain which is not pandemic but whose characteristics we think are completely equivalent to those of a pandemic strain. And it's that strain that we've worked on to test our system. We have already created several million doses of the vaccine H5N1. With a certain number of these doses, of course, we've undertaken clinical tests, the object of these clinical tests being to help us determine the optimum formulation of the vaccine. And the then to accelerate things, to save time - a precious amount of time - we've agreed with the European authorities to lodge this vaccine, which we call a prototype vaccine, to lodge a registration dossier which would allow us, the day when there really is a pandemic strain, to simply do some minor modifications and there once again as I was saying, to save precious time.
The health minister Xavier Bertrand justified the large-scale support the government has given to the private sector initiative:
- In our minds things are clear. This vaccine, which comes from the H5N1 virus, will allow us more than anything to accelerate and increase our production capacities if one day we were faced with a pandemic. That, for us, was the first objective of the orders placed by the French government. We know that it is capable of fighting the H5N1 strain but it's not as such the vaccine that everyone's waiting for in the case of a pandemic. You can't say that today there's a vaccine against bird flu given that bird flu has not mutated into a person to person form.
It's the end of the exercise, the Prime Minister declares himself satisfied with what he's seen :
- We've verified the correct functioning of the alert chain. We've assured ourselves of the quality of the medical response. The emergency services, the hospital personnel, the virology experts are prepared for such a situation, we've been able to see. We've verified too the quality of the organisation of the public bodies. It's a security chain that we need to define and at each stage what we want is to be able to continually improve and make safe our response.
First of all he sought to reassure the public at large
- There's not been a person to person contamination of the virus. The cases of transmission of the virus from animal to person remain limited and they are linked to close contacts with infected birds. According to the World Health Organisation, France is one of the best prepared countries in the case of a pandemic. We have a stock of masks and a capacity to produce on our own territory. We have a stock of antiviral medicines which allow us to treat 14 million people, matching the experts' estimations.
... but at the same time to avoid the trap of showing himself too complacent in face of a real threat:
- Faced with this challenge, I would like today to put out three messages. The first is a message of transparency. This is a requirement for all of us: the public authorities will show themselves to be totally transparent about any progression of the illness amongst wild birds, amongst poultry, of course. The second message is one of protection. The government will take all the necessary measures to inform and protect our compatriots. I remind you in this respect the French Food Safety Body has recommended that children avoid contact with pigeons, with ducks in public parks. It has equally confirmed that the consumption of eggs and poultry presents no danger. The third message is of course the support of all the poultry food chain, breeders and the industry as a whole. We will begin the vaccination of poultry, while still keeping in place confinement and protection measures on farms to guarantee maximum security. We've also budgeted for compensation and tax relief to the tune of 11 million euros for the industry. We've released an extra 52 million euros for poultry breeders and the industry as a whole.



