Au salon nautique

Veut-on se mettre au courant des dernières nouveautés du monde maritime? Pour les marins confirmés comme pour les plaisanciers du dimanche, le grande rendez-vous de l'année est le Salon nautique, qui se déroule à la Porte de Versailles début decembre. Visite guidée avec Elodie Barreau.
You want to keep up with the latest developments in the maritime world? Whether you're an established sailor or an amateur skipper, the big date in the calendar is the Boat Show, which takes place at the Porte de Versailles at the beginning of December. A guided tour with Elodie Barreau.
Ce qu'il y a de fabuleux dans ce milieu de la voile, c'est qu'il est extrêmement imaginatif, extrêmement évolutif. Et donc quelle que soit la forme de navigation, depuis la compétition jusqu'à la grande croisière, la famille, la planche à voile, tout: on a toujours un support matériel pour pouvoir prendre du plaisir sur l'eau.
Le grand skipper Marc Pajot, vainqueur de la légendaire Route du Rhum en 1982 ne s'y trompe pas : s'il est un lieu qui n'appartient à personne et qui est le domaine de tous, c'est bien la mer, l'océan. Les marins font rêver. Quand ils naviguent autour du monde à la découverte d'horizons nouveaux, ils nous entraînent dans leur sillage. Les victoires d'Ellen MacArthur sont les nôtres; Jean-Pierre Dick, Loïc Perron, Michel Desjoyaux ou Olivier de Kersauson nous emmènent dans des contrées merveilleuses. mais ils ne sont pas les seuls à pouvoir s'allonger sur le pont d'un navire, le regard perdu au loin, loin là-bas vers une autre vie, vers une autre existence. Réaliser son rêve de voyage au fil de l'eau, c'est possible. Les grands catamarans, les géants multicoques peuvent effrayer; mais les petits voiliers sont accessibles. Dominique Bourçois de la société Plasmor vous invite à bord.
- Donc, nos petits voiliers à nous. On a voulu revenir à la simplicité, c'est-à-dire avoir une voile pas compliquée, sans avoir une forte technique à acquérir, quelque chose de vraiment très simple et en même temps très marin. Pour nous, la randonnée, c'est faire quelque chose sans soucis; donc il faut que le bateau soit rustique, solide, facile, voilà. Nos bateaux, ils ont un look un petit peu ancien mais ils ont des carènes qui sont très modernes, en fait qui sont dessinées par des architectes navals1 aux jours d'aujourd'hui. Le mât : pour faire simple, on a fait des mâts qui s'emboîtent juste dans le bateau, donc c'est très très facile, mais le mât, au lieu d'être en bois comme c'était le cas il y a cent ans, c'est en aluminium aviation qui est très résistant et qui est très léger. La voile, c'est pareil. Elle a une superbe couleur rouge mais bien sûr, elle est pas en coton, elle est en nylon parce que le coton, ça serait un entretien terrible. Ca s'adresse à un public large. Il n'y a pas de surprise. On ne peut pas avoir d'accidents avec nos bateaux, quoi. Le bateau le plus simple qu'on ait2 est à sept mille euros, le bateau à voile. Et le bateau le plus compliqué, entre guillemets3, qu'on ait, il fait treize mille euros, donc le bateau à treize mille euros, c'est un bateau avec une cabine, avec des couchettes, avec lequel on peut partir randonner même assez loin. Tous nos bateaux, que ça soit kayac ou voiliers, sont transportables. Et ce qui permet, alors d'une part de ne pas avoir besoin de place au port, c'est-à-dire qu'on le remonte sur une remorque vraiment très facilement, et ce qui permet aussi de l'emmener dans des bassins de navigation un petit peu exotiques. Cet été on a emmené un bateau dans un archipel qui est entre la Finlande et la Suède. C'est-à-dire, on emmène le bateau sur la remorque, on fait deux mille et quelques kilomètres et puis après on navigue, et finalement il y a peu de bateaux qui permettent de faire ça. On peut naviguer où on veut, quand on veut. C'est vraiment très très simple. C'est ça notre maître mot : simplicité.
Vous voilà équipés, propriétaires d'une magnifique petite coque de noix. Maintenant il reste à partir à l'assaut des mers, hisser les voiles, larguer les amarres. Et si vous voguiez pendant six mois hors des sentiers battus. Philippe Bourgeat organise depuis douze ans un rallye; c'est le Rallye des îles du soleil. Fermez les yeux. Détails alléchants du programme :
- L'idée originale du rallye, c'était de dire, il y a des endroits qui présentent un peu plus d'authenticité que d'autres dans le monde, où les navigateurs n'osent peut-être pas aller tout seuls, donc nous, notre but, c'est de dire, ben... facilitons l'accès à ces endroits-là pour montrer des cultures, pour montrer des populations. Il n'y a aucun caractère de compétition. C'est uniquement une découverte. C'est de permettre d'aller dans des endroits qui sont plus authentiques que les simples routes, je veux dire « traditionnelles » qui sont Canaries - Antilles. Donc on part tous les ans fin octobre des Canaries, donc on part en navigation sur le Cap Vert. On reste une vingtaine de jours au Cap Vert. Du Cap Vert on part sur le Sénégal où là on va à la fois sur Dakar et on visite le Saloum qui est un bras de mer qui remonte à l'intérieur des terres.
Et puis de là - on se retrouve début décembre - c'est la traversée, là, et les bateaux sont en train de partir de Dakar et ils rallieront Salvador avant Noël, et ensuite donc, c'est l'aventure brésilienne, on va dire, et surtout l'aventure amazonienne en mars et avril, avec une remontée de l'Amazone sur mille kilomètres pendant deux mois. Donc une découverte d'un autre monde. Ce sont des propriétaires de voiliers qui ont envie de réaliser leurs rêves, qu'ils soient à la retraite ou dans le cadre d'une année sabbatique. Il y a plusieurs profils différents. On part généralement en moyenne de vingt-cinq bateaux, ce qui représente à peu près quatre-vingts personnes, avec une liberté qui est omniprésente. Bien que ça soit une organisation, chacun en navigation fait ce qu'il veut, chacun aux escales fait ce qu'il veut. Le but, c'est pas seulement de voir, c'est de sentir. Moi, le voyage, je le considère plus comme des rencontres que d'aller voir des beaux points de vue, on va dire, mais, voyez, ce sont des rencontres extraordinaires, et d'aller dans des pays où on a, au niveau matériel, beaucoup moins, où il existe beaucoup moins de choses que ce qu'on peut avoir, mais au niveau du sens de la vie, c'est mille fois plus que ce qu'on a nous, ici, donc je crois que c'est des leçons que l'on prend tous les jours dans ces pays-là.
Avoir la peau qui a le goût de l'eau salée, c'est aussi possible sans partir à des milles de la côte4. Sur les plages un grand nombre de sports nautiques se pratiquent. C'est le cas par exemple du surf que l'on découvre en compagnie de Gérard.
- Le surf est un sport qui est en train de progresser très rapidement. C'est un des sports de glisse les plus difficiles à apprendre mais en même temps ça s'organise de plus en plus avec des écoles maintenant sur toutes les côtes qui permettent d'enseigner le surf un peu comme on enseigne le ski à la montagne.
- Le surf, il n'y a pas de limite d'âge. Il faut savoir nager. Il y a des gamins qui apprennent à partir de six sept ans maintenant, dès qu'ils savent nager. Après, c'est quand même important d'apprendre avec des moniteurs, d'avoir au moins quelques cours pour donner des consignes de sécurité. C'est pas comme à la montagne où on choisit sa pente. Quand vous allez surfer, vous êtes dans l'océan, les vagues arrivent, vous les contrôlez pas. C'est pas un sport difficile physiquement, c'est juste techniquement compliqué parce que vous êtes sur un élément que vous ne contrôlez pas.
Pas besoin de vent pour le surf. Mais l'air, l'un des quatre éléments, sera nécessaire pour s'adonner au wind surf. Embarquement pour explication avec Xavier :
-La planche à voile, il est conseillé de passer par une école mais, bon, éventuellement, si vous avez un ami qui sait en faire il peut vous donner les rudiments. Au bout généralement d'une semaine avec une pratique d'une ou deux heures par jour on arrive à partir et à revenir où on veut. On essaye de tomber le moins possible mais avec les nouvelles planches de fun board, free ride, on arrive avec relativement peu de vent à faire partir la planche au planning, donc c'est pour ça que les planches ont changé un petit peu. Elles sont plus légères; elles sont plus compactes. Et puis après, quand on commence à progresser, eh bien on a des sensations complètement différentes. On prend des voiles plus grandes, des flotteurs plus performants donc on arrive très vite à partir et à glisser sur l'eau à des vitesses de l'ordre de vingt-cinq noeuds, Donc à peu près pas loin de cinquante kilomètres-heure sur l'eau; c'est assez sympathique.
Il est vrai que sentir le vent effleurer sa peau est une sensation plutôt agréable, mais se retrouver à nager au milieu des poissons et autres mammifères marins est aussi une expérience inoubliable.
- C'est paradisiaque parce qu'on a l'impression de se retrouver dans un état un petit peu embryonnaire. On se laisse porter. Tous vos muscles se détendent. C'est un plaisir qui est inégalable quand on n'en a pas fait, on ne peut pas savoir. Et c'est pour ça qu'il y a énormément de monde qui plonge.
Ô capitaine, mon capitaine! Et si je n'aime pas le sel qui vient emmêler mes cheveux? L'océan est un autre continent. Et si je préférais, moi, rester dans les terres, bien au chaud, rassurée, apaisée? - Diantre matelot, il reste les croisières. Partir découvrir l'Europe à bord de péniches croisières, seul maître à bord pour des vacances sécurisées. C'est ce qu'explique Line de la compagnie Crown Blue Line.
- Ce sont des bateaux qui sont très simples à conduire. Souvent on pense qu'on a besoin d'un permis pour conduire ces bateaux, ce qui n'est pas le cas. Quand les gens arrivent sur la base de départ, ils partent avec un instructeur pendant une petite demi-heure, une heure, et ensuite ils partent pendant une semaine en bateau sur une rivière ou un canal. Toutes les régions de croisières sont ouvertes, du midi de la France, la Camargue, le Lot, la Bourgogne, l'Alsace, la Bretagne, et puis ensuite l'Italie, l'Irlande, l'Écosse. La particularité, c'est qu'ils sont très confortables. C'est une petite maison sur l'eau, entièrement équipée pour recevoir de deux jusqu'à douze personnes. Donc, il y a le petit bateau pour un couple et il y a le bateau un peu plus grand pour douze personnes, toujours sans permis, équipé avec cabines, salles de bains. La literie est à bord,la cuisine est entièrement équipée, donc on part vraiment pour une semaine de vacances avec sa maison. L'avantage, c'est justement de changer de lieu tous les jours et surtout c'est de s'arrêter où on veut et quand on veut. C'est-à-dire, on navigue. On peut très bien naviguer pendant cinq heures sans s'arrêter. On peut naviguer pendant une demi-heure et se dire, là c'est chouette, on s'arrête, on va visiter, on va se balader.
Pour la détente ou pour le sport, sur mers, océans, canaux ou lacs, en France, en Europe, partout dans le monde, Marc Pajot a décidément raison, « il y en a pour tous les goûts » et pour toutes les bourses. Un concentré de rêve et de liberté.
What's fabulous about the sailing world is that it's extremely imaginative; it evolves all the time. So however you navigate: from competitions to ocean cruising, with the family, windsurfing, everything... there's always a means of enjoying the water.
The great skipper Marc Pajot, winner of the legendary Route du Rhum in 1982 is not mistaken: if there's one place that's no man's possession and belongs everyone, it's the sea, the ocean. Sailors make us dream. When they navigate around the world in search of new horizons, they carry us in in their wake. Ellen MacArthur's triumphs are our triumphs; Jean-Pierre Dick, Loïc Perron, Michel Desjoyaux or Olivier Kersauson take us to marvellous lands. But they're not the only ones able to stretch out on the bridge of a ship, gaze lost in the distance, far away towards another life, towards another existence. It is possible to fulfil your dream of being swept along by the ocean's currents. The thought of large catamarans or giant multihulls may be daunting; but little yachts are accessible. Dominique Bourçois of the company Plasmor invites you on board.
- So, our little yachts. We wanted to return to simplicity, that's to say to have a yacht that isn't complicated, that doesn't require a lot of skills, something that was very simple while remaining at the same a sailor's vessel. For us, going on a cruise is about doing something worry-free. So you need a boat that's sturdy, solid, and easy, that's what it's about. Our boats have a look that's a little old-fashioned but they've got hulls which are very modern, which have been designed by contemporary naval architects. The mast : to keep things simple we've made masts that lock into the boat, so it's very, very simple; but instead of being wooden as they were 100 years ago, the mast is in aeronautical aluminium which is very resistant and very light. The sail, it's the same. It's a superb red colour but of course it's not in cotton, it's in nylon because cotton would involve tremendous upkeep. It's aimed at the general public. There are no surprises. You can't have an accident with our boats. The simplest boat that we have is at 7000 euros, the sailing boat. And the most complicated, in inverted commas, that we have, it's 13000 euros. So the boat at 13000 euros is a boat with a cabin, with sleeping compartments, so you can go cruising even quite far. All our boats, whether kayaks or sailing boats, are transportable. And that allows you on the one hand not to have the expenses of a mooring in a port, that's to say you can put it back up on a trailer really very easily; and also it allows you to take it to navigable waters that are a little exotic. This summer we took a boat to the archipelago between Finland and Sweden. In other words, you take the boat on the trailer, you do some 2000 or so kilometres and then afterwards you sail, and in the end there aren't that many boats that allow you to do that. You can navigate where you want, when you want. So it's really very very simple. That's our watchword: simplicity.
There you are, you're the owner of magnificent little wooden hull. Now all that remains is to go and confront the seas, hoist up the sails, cast off the moorings. And if you were to drift for six months far from the beaten track? Philippe Bourgeat has been organising a rally for twelve years; it's the Rally of the Sunshine Islands. Close your eyes. These are mouthwatering details of the programme :
- The original ideal of the rally, well put it like this, there are places that offer a little bit more authenticity than others in the World, where sailors maybe don't dare go alone, so us, our goal, let's say it's, well... we facilitate access to these places to show different cultures, to show different populations. There's no competitive side to it. It's just discovery. It's about enabling people to go to places that are more authentic than the straightforward, traditional routes from the Canary Islands to the West Indies. So we leave every year in October from the Canaries and head towards Cape Verde. We stay twenty or so days at Cape Verde. From Cape Verde we go to Senegal where we both go to Dakar and visit Saloum, which is an estuary that goes up into inland territories.
And then from there - we're at the beginning of December - it's the crossing then and the boats are starting to leave Dakar and rallying to Salvador before Christmas; and then it's the Brazilian adventure, you might say and above all the Amazonian adventure in March and April, with a voyage up the Amazon for 1000 kilometres over two months. So you discover another world. They're yacht owners who wish to fulfil their dreams, who are either retired or are taking a sabbatical year. There are several different profiles. We leave in general with on average 25 boats, so that's about 80 people, with a freedom that's always there. Although it's organised, each individual navigates how they want, at the staging points everyone does what they want. The goal is just to see, to sense. I consider travel to be more about meeting people than about going to see beauty spots, you might say; but, you see, these are extraordinary meetings and to go to countries where they have a lot less in material terms, where there a lot less things to possess, but in terms of feeling for life there's a thousand times more than what we have here... so I think we we learn lessons every day in these countries.
It's possible to have a skin with a taste for salt water without travelling thousands of miles from the coast. On the beaches there are a large number of water sports to enjoy. Surfing, for example, that we'll find about in the company of Gérard.
- Surfing is a sport that's growing very rapidly. It's one of the hardest skating sports to learn, but at the same time it's becoming more and more organised with schools now on all the coasts which enable surfing to be taught a little like skiing in the mountains.
- There's no age limit for surfing. You need to know how to swim. There are children who learn from the age of six and seven now, as soon as they've learnt to swim. Afterwards, it's important none the less to learn with monitors, to have at least a few lessons to get advice on safety. It's not like in the mountains when you choose your slope. When you surf, you're in the sea, the waves arrive, you don't control them. It's not a physically difficult sport, it's just technically complicated because you're on an element that you don't control.
No need for wind for surfing. But air, one of the four elements, is needed for windsurfing. On board for an explanation from Xavier :
- You're recommended to go through a school for wind surfing, but, at a push if you have a friend who knows how to do it he can teach you the basics. In general, after a week practising one or two hours per day, you get to the point where you can come and go where you want. You try to fall as little as possible; but with new boards like Fun Board and Free Ride you can get the board surfing with relatively little wind, so that's why the boards have changed a bit. They're lighter; they're more more compact. And then afterwards when you start to progress, well there are completely different sensations. You take larger sails, floats that perform better and you're getting going very quickly and skating across the water at speeds of around twenty five knots, so roughly not far from 50 kilometres per hour across the water; that's pretty nice.
It's true that to feel the wind brushing across the skin is fairly pleasant experience, but to find yourself swimming amongst fish and other sea mammals is an unforgettable experience too.
- It's like paradise because you've got the impression of being in an environment a bit like a womb. You let yourself get carried away. Your muscles relax. There's no pleasure that compares to it and without doing it, you can't know. And that's why there are an enormous amount of people who dive.
But captain, my captain! What if don't like salt mixed in my hair? The sea is another continent. And what if I'd rather stay inland, nice and warm, comforted... at peace? - By jove sailor, there are still cruises. Go off and discover Europe on a barge cruise, be master of your own ship on a safety conscious holiday.
That's what Line from the Crown Blue Line company explains.
- They're boats which are very easy to steer. Often people think you need a permit to steer these boats, which is not the case. When people arrive at the departure point, they go off with an instructor for half-an-hour, an hour and afterwards they go off for a week on a boat on a river or a canal. All the cruising regions are open, from the south of France, the Camargue, the Lot, Burgundy, Alsace, Brittany and then afterwards there's Italy, Ireland, Scotland. The specificity is that they're very comfortable. It's a little house on the water, completely equipped to take from two to twelve people. So there's a little boat for a couple and there's the boat that's a little bit bigger for twelve people, still without the need for a licence, equipped with cabins, bathrooms. The bedding's on board, the kitchen is entirely equipped, so you really go off for a week's holiday with your house. The advantage is just that, to change your spot every day and above all to stop where you want, when you want. That's to say you navigate. You can very easily navigate for half an hour and say to yourself, there it's nice, we'll stop, pay a visit, go for a walk.
For relaxation or for sport, on the seas, the oceans, canals or lakes, in France, in Europe everywhere in the world, Marc Pajot certainly seems to be right: "there's something for all tastes" and for all budgets. The essence of dreams and of freedom.

