Images et Scénarios

Reportage :      Durée : 
juin 2002

Images et Scénarios
  

Woody Allen est à l'honneur. Il vient de faire l'ouverture du festival de Cannes, hors compétition, avec son nouveau film 'Hollywood Ending'. Unanimement salué par la critique, ce film est déjà à l'affiche des salles de cinéma et fera sûrement un succès populaire, drôle et pétillant.

Bilingual film scripts are an entertaining way of freshening up your French.

C'est la première fois de sa carrière qu'il est présent à Cannes. Avant la projection, le réalisateur a reçu la palme des Palmes pour l'ensemble de son oeuvre. 

La relation entre Woody Allen et la France est très étroite: il parle souvent de son amour pour le pays. Dans le film, il joue le rôle d'un metteur en scène qui est rejeté par son propre pays et rêve d'aller vivre à Paris, là où il est apprécié.  C'est peut-être un peu paranoïaque de sa part - nous savons que vous êtes nombreux aux États-Unis à l'apprécier - mais on peut tout de même déceler la présence d'un élément d'autobiographie là-dedans. Woody aime la France qui le lui rend bien. La sortie de son dernier film est toujours très bien accueillie, il fait beaucoup d'entrées. Pourquoi ce lien étroit? On a demandé à quelques uns de ses admirateurs leurs théories là-dessus ...

Je pense qu'il est très marginalisé aux États-Unis. C'est peut-être pour ça. Il a une étiquette un peu d'humour juif qui lui colle à la peau. Il tourne beaucoup à New York, donc, peut-être que les autres Américains se retrouvent pas dans son milieu. Nous, on voit ça de l'extérieur, donc c'est pas pareil... je sais pas.

Les Américains ont adoré Amélie Poulain, eh bien nous, on adore Woody Allen. Je veux dire... ça fait toujours plaisir de se dépayser, d'aimer un... d'aimer quelqu'un qui vient d'ailleurs aussi, parce qu'on n'a pas tout le contexte du pays avec les a priori sur tel ou tel, les étiquettes, les.. tout ce qu'on pense sur un tel ou une telle et... je pense qu'on l'apprécie pour son humour, pour plein de choses, et un regard qu'il a sur une Amérique ... voilà, grosso modo, vite fait, ce que je peux vous dire.

Ben, je pense que... je sais pas... il représente peut-être une certaine... Une image, un peu, de l'intellectuel new-yorkais, que lui-même a donné, en fait. Donc c'est une espèce de jeu de miroir. Et puis il fait peut-être un cinéma qui est plus abordable pour les Européens, et en particulier pour les Français; ça fait moins Blockbuster, c'est plus proche de nous, du cinéma de cinéphiles qu'on aime ici. Et donc, on aime bien avoir aussi ce miroir tendu par les États-Unis. Voilà en gros...

On dit qu'il est plus populaire en France qu'aux États-Unis

Oui, je crois et puis en plus c'est le clin, en fait, dans le film, c'est vrai que ça fait beaucoup rire la salle quand il dit: 'Ouais, en France... heureusement que les Français existent, et tout ça...' ouais, ouais, je crois ouais...!

Pourquoi?

Je ne sais pas. Je ne connais pas suffisamment l'ensemble de son son oeuvre. Peut-être parce qu'il aime aussi la France quoi, et qu'il le dit toujours dans ses films ... ça plaît peut-être aux Français.

Il joue sur ça justement, à la fin il fait cette pirouette avec son film qui plaît aux Français puisqu'on est le seul public capable de comprendre son cinéma, donc c'est rigolo, ouais...

J'apprécie son humour, et puis, j'aime bien sa direction d'acteurs, quoi... La façon dont les gens paraissent naturels, quoi... même dans les situations les plus extravagantes, finalement, il y a toujours un côté réaliste qui... où on se dit 'pourquoi pas?'... Et ouais, moi je trouve ça agréable, j'aime bien son univers.

Le festival de Cannes fait comme chaque année beaucoup de bruit dans les milieux cinéphiles. Il s'est déroulé sous la présidence de David Lynch, en présence de célèbres vedettes venues du monde entier pour admirer et se faire admirer sur la Croisette*. Chaque jour des rumeurs filtrent sur les nouveaux films présentés. On commence à faire des pronostics sur les futurs lauréats. Cette année la Palme d'Or a été remise à Roman Polanski pour 'Le pianiste'.

L'intérêt suscité par le festival démontre que le septième art occupe une place essentielle dans la culture contemporaine. Les modes de vie, les cultures, les comportements sont mis au jour, exhibés, disséqués de plus en plus dans les films. La tendance est au réalisme. Les réalisateurs surenchérissent, chacun dans le style qui lui est propre, pour mettre à nu le plus possible les individus et ce qui les motive.

Mais, l'image a beau être souveraine, elle n'efface pas le scénario. La petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma est une collection qui édite en français des scénarios. On y trouve les classiques, les valeurs sûres comme les 'Contes des 4 Saisons' de Eric Rohmer, 'A ma soeur' de Catherine Breillat, etc. Une bonne trentaine de titres déjà parus au total. De plus, dans la même collection sont édités des scénarios bilingues offrant un intérêt certain pour les étudiants en français. 'Breaking the waves' de Lars Von Trier, 'Lost Highway' de David Lynch en version américaine et française ou 'Tout sur ma Mère' de Pedro Almodovar en espagnol et en français y sont disponibles ainsi que beaucoup d'autres. On a donc sur une page les dialogues en version originale et, très exactement en vis à vis, la traduction française.

Sur le plan linguistique, La Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma présente l'énorme avantage de diffuser du français vivant, contemporain et spontané, puisque ce cinéma reproduit la vie. On a réellement affaire à du français parlé. Vous n'y trouverez pas la lourdeur qu'ont parfois les traductions littérales. Vous y trouvez le français comme on le parle naturellement de nos jours.

Le dernier numéro de la série bilingue est justement celui de 'Hollywood Ending' de Woody Allen.